Fin de mission en portage salarial : préavis, solde et ce qui reste dû
À la fin de cette page, vous saurez ce qui continue et ce qui s’arrête quand une mission se termine, et qui doit encore vous payer si le client ou la société de portage fait défaut. Vous saurez aussi ce que contient un solde de fin de contrat et quelles durées maximales peuvent mettre un terme à une mission en cours.
La mission s’arrête, le contrat de travail continue
C’est la protection la plus mal connue du portage, et elle tient en une phrase du Code du travail. La seule rupture du contrat commercial de prestation n’entraîne pas la rupture du contrat de travail.
Autrement dit, un client qui met fin à sa commande ne vous met pas au chômage. Il met fin à un contrat auquel vous n’êtes même pas partie, puisque le contrat commercial lie l’entreprise de portage salarial et l’entreprise cliente.
Votre contrat de travail, lui, survit. Sa fin obéit à ses propres règles, terme du contrat à durée déterminée ou procédure de rupture pour le contrat à durée indéterminée, et jamais au seul fait qu’une mission s’achève.
Ce qui reste dû sur la prestation déjà réalisée
La seconde moitié de la même phrase est celle qui répond à la peur du client mauvais payeur. La rémunération correspondant à la prestation réalisée est due par l’entreprise de portage salarial.
Ce n’est pas une créance suspendue au bon vouloir du client : c’est une dette de votre employeur envers vous. La différence avec le statut d’indépendant est de nature. Un micro-entrepreneur impayé porte seul le risque et recouvre lui-même sa facture. Le salarié porté a un employeur qui lui doit un salaire.
Reste la question suivante, que beaucoup de pages escamotent : et si c’est l’entreprise de portage elle-même qui défaille ? Un mécanisme distinct répond, et il vaut la peine d’être vérifié avant de signer plutôt qu’après.
Deux risques différents, deux réponses différentes
Présenter ces deux protections comme une seule est une erreur courante. Elles ne couvrent pas le même défaillant, et elles ne reposent pas sur le même texte.
La garantie financière est un droit protecteur majeur et peu connu. Son identité doit figurer dans votre contrat de travail et dans le contrat commercial signé avec l’entreprise cliente. Une société de portage qui ne peut pas nommer son garant ne remplit pas une obligation légale, et c’est un critère de sélection en soi.
Textes ouverts le 29 août 2026.
Qui défaille
Qui répond
Texte
L’entreprise cliente ne paie pas
L’entreprise de portage, qui doit la rémunération de la prestation réalisée
Article L1254-8 du Code du travail
L’entreprise de portage défaille
Un garant financier, pour les salaires, indemnités et cotisations
Articles L1254-26 et D1254-1 du Code du travail
En contrat à durée déterminée : un solde à deux lignes
Le contrat à durée déterminée de portage s’éteint à son terme, sans qu’aucune procédure de rupture ne soit nécessaire. Le solde qui accompagne le dernier salaire comporte alors deux éléments que l’on confond parfois.
Le premier est l’indemnité de fin de contrat, égale à 10 % de la rémunération totale brute versée pendant le contrat. Elle s’ajoute à cette rémunération, est versée à l’issue du contrat en même temps que le dernier salaire, et figure sur le bulletin correspondant. Elle n’est pas due si la relation se poursuit par un contrat à durée indéterminée.
Le second est l’indemnité de congés payés, dont le versement intervient également à la fin du contrat, calculée au plus avantageux entre le dixième de la rémunération brute de la période de référence et la rémunération que vous auriez perçue en travaillant.
En contrat à durée indéterminée : la réserve reste, et une horloge démarre
Aucun terme n’éteint le contrat à durée indéterminée de portage. À la fin d’une mission, la situation qui s’ouvre est une période sans prestation, non rémunérée par construction.
Deux mécanismes s’activent alors, et ils ne vont pas dans le même sens. D’un côté, la réserve de 10 % du salaire de base de la dernière mission, constituée sur votre compte d’activité, peut financer une allocation de prospection d’une durée maximale de trois mois. De l’autre, la convention permet à l’entreprise de portage d’engager un licenciement pour cause réelle et sérieuse après un mois sans nouvelle mission.
Ces deux durées ne coïncident pas, et un texte qui ne citerait que les trois mois vendrait une sécurité qui n’existe pas. Le contrepoids est réel toutefois : ce licenciement est un licenciement de droit commun, avec entretien préalable, préavis et indemnités, et il constitue une perte involontaire d’emploi.
Trois durées maximales à ne surtout pas confondre
Une mission peut aussi prendre fin parce qu’un plafond est atteint. Trois plafonds existent, ils portent sur trois objets différents, et les mélanger conduit aux erreurs les plus fréquentes sur le portage.
Le contrat à durée indéterminée de portage n’a, lui, aucune durée maximale. Textes ouverts le 29 août 2026.
Durée
Sur quoi elle porte
Texte
36 mois
Prestation chez une même entreprise cliente
Article L1254-4, II, du Code du travail
18 mois, portés à 21 mois
Contrat à durée déterminée de portage, renouvellements compris, avec report possible de trois mois pour prospecter
Articles L1254-12, L1254-13 et L1254-17
24 mois
Maintien au premier échelon de classification, pour des missions de même nature
Une fin de mission n’efface pas ce qui a été accumulé, à condition de savoir ce qui suit la personne et ce qui reste attaché à l’entreprise.
Votre ancienneté s’apprécie en totalisant toutes les périodes pendant lesquelles vous avez effectué des prestations dans le cadre de contrats conclus avec la même entreprise de portage. Enchaîner des contrats entrecoupés de creux ne remet donc pas le compteur à zéro. Changer de société de portage, en revanche, le remet à zéro : c’est un point à peser avant tout transfert.
Votre compte personnel de formation, lui, vous suit. Il est alimenté à proportion de la durée de travail effectuée lorsque celle ci est inférieure à la moitié de la durée légale ou conventionnelle sur l’année. Une année à trous n’y produit donc pas les mêmes droits qu’une année pleine.
Les questions qui reviennent
Mon client a rompu la mission, suis je licencié ?
Non. Le Code du travail est explicite : la seule rupture du contrat commercial de prestation n’entraîne pas la rupture du contrat de travail. Votre contrat avec l’entreprise de portage salarial se poursuit, et la rémunération correspondant à la prestation déjà réalisée reste due.
Que se passe t il si la société de portage ne me paie pas ?
L’entreprise de portage doit justifier à tout moment d’une garantie financière couvrant, en cas de défaillance de sa part, les salaires et leurs accessoires, les indemnités et les cotisations sociales. Son montant minimal est de 10 % de la masse salariale de l’année précédente, sans pouvoir être inférieur à deux fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 96 120 € pour 2026. L’identité du garant figure obligatoirement à votre contrat.
Ai je droit à un préavis à la fin de ma mission ?
La fin d’une mission n’est pas en elle-même une rupture du contrat de travail, donc elle n’ouvre pas de préavis. En revanche, si l’entreprise de portage engage un licenciement après une période sans nouvelle prestation, la procédure de droit commun s’applique avec ses garanties, entretien préalable, préavis et indemnités.
Puis je dépasser 36 mois chez le même client ?
Non, la durée de la prestation chez une même entreprise cliente ne peut excéder trente-six mois. Cette durée ne doit pas être confondue avec les 18 mois du contrat à durée déterminée de portage, renouvellements compris et portés à 21 mois en cas de report pour prospection, ni avec les 24 mois de maintien au premier échelon pour des missions de même nature.
Les pages utiles avant la prochaine mission
Sortie de poste
Sortir d’un poste de cadre pour vendre son expertise soulève une question avant toutes les autres : est-ce que je perds mes droits ? La réponse tient en quelques articles, et elle n’est pas celle qu’on croit.
Une mission en régie chez un client, un intercontrat, un grand compte qui refuse de contracter avec un indépendant : ce sont les trois situations qui amènent un profil technique au portage. Voici ce que le statut change réellement, textes à l’appui.
Une mission pour un client situé hors de France ne change rien à votre statut : vous restez salarié d’une entreprise de portage française, et c’est elle qui contracte avec le client. Ce qui change, c’est qui signe, qui facture, et ce que vous devez vérifier avant de vous engager.
À la fin de cette page, vous saurez à quoi correspond chaque ligne de votre bulletin de salarié porté, et laquelle dépend de votre échelon plutôt que de votre mission. Vous saurez aussi ce que le bulletin ne montre pas, et sur quel autre document ces montants doivent légalement figurer.
À la fin de cette page, vous saurez dans quel ordre le prix payé par votre client se transforme en salaire net, et qui supporte chaque étage de prélèvement. Vous saurez aussi pourquoi aucun taux de cotisation n’est publié ici, et quel document légal vous donne les vôtres.
Sécuriser une fin de mission
Le solde, le garant financier et la suite du contrat se vérifient sur pièces. Décrivez la façon dont la mission se termine et les sommes encore attendues.